Du matériel jusqu’aux astuces les plus secrètes, nous vous proposons ici un tutoriel complet pour que vous puissiez poser du carrelage vous-même en toute sérénité. Le principe reste globalement le même : préparer le support, organiser la pose, encoller, positionner les carreaux, effectuer les découpes puis réaliser les joints.
Sur le papier, rien de très compliqué. Dans la pratique, réussir la pose d’un carrelage demande surtout de la précision et une bonne préparation. Une petite erreur au départ peut en effet se répercuter sur toute la surface (carreaux qui se décalent progressivement, joints irréguliers, découpes disgracieuses ou problèmes d’adhérence).
Vous voulez vous lancer ? Voici comment poser du carrelage étape par étape, du calcul du nombre de carreaux aux dernières finitions.
Est-ce difficile de poser du carrelage soi-même ?

Bonne nouvelle : poser du carrelage est à la portée d’un bricoleur amateur. Encore faut-il choisir un premier chantier adapté à son niveau.
La difficulté dépend notamment de la surface à carreler, de l’état du support, du format des carreaux et du type de pose choisi.
Ce qu’un débutant peut faire
Pour une première expérience, mieux vaut commencer simplement. Un sol rectangulaire relativement petit, un support bien plat et des carreaux de dimensions standards constituent de bonnes conditions pour apprendre.
Une crédence de cuisine peut également sembler idéale en raison de sa petite superficie. Attention toutefois aux nombreuses découpes nécessaires autour des prises électriques et des meubles.
La pose droite reste généralement la technique la plus accessible pour débuter. Les carreaux sont alignés parallèlement aux murs et les erreurs sont plus faciles à repérer.
Les poses qui demandent plus d’expérience
Certains projets réclament davantage de maîtrise. C’est notamment le cas des poses en diagonale, à chevrons ou avec des motifs complexes.
Les carreaux de très grand format sont également plus délicats à manipuler et nécessitent un support particulièrement régulier.
Enfin, les pièces comprenant de nombreux angles, tuyaux, renfoncements ou obstacles multiplient les découpes et augmentent la difficulté.
Si vous débutez, ne cherchez donc pas forcément à réaliser le projet le plus spectaculaire. Une pose simple parfaitement exécutée donnera généralement un meilleur résultat qu’un calepinage compliqué approximatif.
Le matériel nécessaire pour poser du carrelage

Avant de commencer, rassemblez tout votre matériel. Rien de plus agaçant que de découvrir en plein encollage qu’il manque un outil indispensable.
Les outils indispensables
Pour une pose classique, prévoyez notamment :
- un mètre ;
- un crayon ;
- une règle de maçon ;
- un niveau à bulle ;
- un cordeau à tracer ;
- un seau ;
- un malaxeur ou une perceuse équipée d’un mélangeur ;
- une truelle ;
- une spatule ou taloche crantée ;
- un maillet en caoutchouc ;
- un coupe-carreaux manuel ou électrique ;
- une raclette à joints ;
- une éponge.
Selon le chantier, une pince à carreaux, une meuleuse ou une scie cloche adaptée peuvent également être nécessaires.
Les consommables à prévoir
Vous aurez bien sûr besoin des carreaux, mais également de mortier-colle adapté au support et au carrelage, de croisillons et de mortier à joint.
Selon la nature du support, un primaire d’accrochage, un produit de ragréage ou un système d’étanchéité peuvent également être nécessaires.
N’oubliez pas non plus quelques chiffons et plusieurs éponges propres. Ils vous seront particulièrement utiles au moment des finitions.
Le matériel de protection
Les découpes de carrelage peuvent produire des éclats et des poussières. Portez des lunettes de protection et des gants adaptés. Pour les opérations générant beaucoup de poussière, utilisez également un masque approprié.
Des genouillères sont loin d’être superflues lorsque vous carrelez un sol pendant plusieurs heures.
Étape 1 : préparer le support

C’est probablement l’étape que l’on a le plus envie d’expédier. C’est aussi l’une des plus importantes.
Un beau carrelage ne compensera jamais un support mal préparé.
Vérifier que le support est adapté
Le support doit être solide, stable, propre, sec et suffisamment plan.
Contrôlez sa planéité à l’aide d’une règle suffisamment longue. Si vous constatez des creux, bosses ou différences de niveau importantes, il faudra les corriger avant de commencer la pose.
Vérifiez également que le support ne présente pas de parties friables, de fissures importantes ou de problèmes d’humidité.
Dans les pièces exposées à l’eau, notamment les salles de bain et les douches, la préparation doit également tenir compte des contraintes d’étanchéité.
Nettoyer et préparer la surface
Commencez par vider complètement la zone puis éliminez poussière, graisse, traces de peinture, colle et autres résidus susceptibles de réduire l’adhérence du mortier-colle.
Passez soigneusement l’aspirateur avant la pose.
En fonction du support et des recommandations du fabricant de la colle, l’application d’un primaire d’accrochage peut être nécessaire.
Corriger les défauts avant la pose
Un petit défaut de niveau peut sembler insignifiant lorsque le sol est nu. Il devient beaucoup plus visible une fois les carreaux posés.
Les défauts importants doivent donc être corrigés en amont. Un ragréage peut par exemple permettre de retrouver une surface suffisamment plane avant de carreler.
Ne comptez pas sur une couche de colle plus épaisse pour corriger tous les problèmes du support au fur et à mesure de la pose.
Étape 2 : calculer la quantité de carrelage

Acheter exactement la surface de carrelage correspondant à celle de la pièce serait une erreur. Vous devrez effectuer des découpes et certains carreaux risquent également d’être cassés.
Calculer la surface à carreler
Pour une pièce rectangulaire, le calcul est simple :
longueur × largeur = surface en m²
Une pièce de 4 mètres sur 3 mètres représente donc :
4 × 3 = 12 m²
Lorsque la pièce possède une forme plus complexe, divisez-la mentalement en plusieurs rectangles, calculez leur surface séparément puis additionnez les résultats.
Notre calculateur de carrelage et calpinage vous aide dans vos calculs pour plus de précision.
Pour un mur, le principe est identique. Calculez la largeur multipliée par la hauteur de la zone à carreler.
Prévoir les découpes et la casse
Vous n’utiliserez pas nécessairement l’intégralité de chaque carreau. Une découpe effectuée sur un bord peut laisser une chute inutilisable ailleurs.
Ajoutez également une marge pour les éventuelles erreurs de découpe et la casse pendant les travaux.
La quantité nécessaire dépend aussi du type de pose. Une pose droite génère généralement moins de chutes qu’une pose diagonale ou un calepinage complexe.
Combien de carreaux acheter en plus ?
On conseille généralement de prévoir environ 10 % de carrelage supplémentaire pour une pose classique.
La marge peut être augmentée pour une pose complexe ou lorsque la pièce nécessite beaucoup de découpes.
Conservez également quelques carreaux après les travaux. Ils pourront vous sauver la mise dans quelques années si vous devez remplacer un carreau endommagé et que votre modèle n’est plus commercialisé.
Étape 3 : réaliser le calepinage

Le calepinage consiste à déterminer comment les carreaux vont être répartis sur la surface avant de commencer à les coller.
C’est une étape essentielle pour obtenir un résultat équilibré.
Pourquoi ne pas commencer à poser directement ?
Imaginez que vous commencez dans un angle et que, arrivé de l’autre côté de la pièce, il ne reste que deux centimètres à carreler.
Techniquement, vous pouvez découper une bande de deux centimètres. Esthétiquement, le résultat risque d’être beaucoup moins convaincant.
Le calepinage permet précisément d’anticiper ce genre de problème.
Trouver le bon point de départ
Contrairement à une idée répandue, on ne commence pas systématiquement la pose contre un mur.
Le point de départ dépend de la forme de la pièce, de ses axes visuels et de la disposition souhaitée des carreaux.
Vous pouvez tracer des repères perpendiculaires au sol à l’aide d’un cordeau puis effectuer une pose à blanc de quelques carreaux avec les croisillons. Vous visualiserez ainsi leur répartition avant de sortir la colle.
Anticiper les découpes
Observez particulièrement les zones visibles : entrée de la pièce, seuils, contour d’une baignoire, crédence, murs principaux…
L’objectif est d’éviter autant que possible les bandes de carreaux minuscules et de répartir harmonieusement les découpes.
Quelques minutes passées à déplacer votre point de départ peuvent vous éviter de nombreuses complications par la suite.
Étape 4 : préparer et appliquer la colle

Une fois votre calepinage terminé, vous pouvez passer à la pose proprement dite.
Choisir la bonne colle
Toutes les colles à carrelage ne conviennent pas à toutes les situations.
Le choix dépend notamment :
- du support ;
- du type de carreau ;
- de son format ;
- d’une pose au mur ou au sol ;
- d’un usage intérieur ou extérieur ;
- de l’exposition à l’humidité ;
- de la présence éventuelle d’un plancher chauffant.
Respectez les indications du fabricant du carrelage et du mortier-colle.
Si vous utilisez une colle en poudre, préparez uniquement la quantité que vous pourrez utiliser pendant son temps d’utilisation indiqué par le fabricant.
Quel peigne utiliser ?
La taloche crantée, souvent appelée peigne à colle, permet de répartir le mortier-colle de manière adéquate.
La taille des dents doit être adaptée au format des carreaux et aux préconisations du produit utilisé.
Étalez d’abord la colle sur une surface raisonnable. Évitez de recouvrir plusieurs mètres carrés d’un seul coup : elle pourrait commencer à sécher avant que vous n’ayez posé les carreaux.
Simple ou double encollage ?
Avec le simple encollage, la colle est appliquée uniquement sur le support.
En double encollage, une couche est également appliquée au dos du carreau afin d’améliorer le transfert et la couverture de la colle.
Cette technique est notamment utilisée pour certains grands formats et dans différentes situations où une couverture importante est nécessaire.
Le choix ne doit toutefois pas se faire au hasard.
Simple ou double encollage, référez-vous aux prescriptions correspondant à votre carrelage, à votre colle et à votre chantier.
Étape 5 : poser les carreaux

Votre support est prêt, vos repères sont tracés et la colle est appliquée. Vous pouvez enfin poser votre premier carreau.
Poser le premier carreau
Placez-le soigneusement en suivant vos repères puis pressez-le dans la colle avec un léger mouvement.
Utilisez si nécessaire un maillet en caoutchouc pour l’ajuster sans l’endommager.
Le premier carreau mérite toute votre attention. S’il est mal positionné, les suivants risquent de suivre son mauvais alignement.
Utiliser les croisillons
Placez des croisillons entre les carreaux afin de conserver un espacement régulier pour les futurs joints.
Il existe différentes largeurs de joints. Le choix dépend notamment du type de carrelage, de son format, du lieu de pose et des prescriptions applicables à votre projet.
Les systèmes de nivellement peuvent également faciliter la pose de certains carreaux en limitant les différences de hauteur entre deux éléments voisins.
Contrôler régulièrement l’alignement et le niveau
Ne posez pas toute une rangée avant de vérifier votre travail.
Contrôlez régulièrement :
- l’alignement ;
- l’espacement entre les carreaux ;
- la planéité ;
- le niveau général de la surface.
Retirez immédiatement les remontées de colle dans les espaces destinés aux joints. Une fois durcie, elle sera beaucoup plus difficile à enlever.
Étape 6 : réaliser les découpes

À moins d’avoir une pièce miraculeusement adaptée aux dimensions exactes de vos carreaux, vous allez devoir en couper quelques-uns.
Faire une découpe droite
Pour les découpes simples, un coupe-carreaux manuel, aussi appelé carrelette, suffit largement.
Mesurez précisément l’espace disponible en tenant compte du joint, reportez la mesure sur le carreau puis effectuez la coupe.
Gardez en tête la règle d’or du bricolage : mieux vaut mesurer deux fois et couper une seule fois.
Réaliser une découpe particulière
Les angles, contours de portes ou autres obstacles peuvent nécessiter des découpes en L ou des formes plus complexes.
Selon la nature du carreau, utilisez une pince adaptée, une meuleuse équipée d’un disque approprié ou un coupe-carreaux électrique.
Prenez votre temps. Les découpes sont souvent la partie qui fait la différence entre une pose qui semble bricolée et une finition vraiment soignée.
Percer un carreau
Vous devez faire passer un tuyau ou installer une fixation ?
Utilisez un foret ou une scie cloche adaptés au matériau de votre carrelage. La technique et l’outil ne seront pas nécessairement les mêmes pour de la faïence ou pour un grès particulièrement dur.
Repérez soigneusement le centre du trou et évitez le mode percussion.
Étape 7 : réaliser les joints

Les carreaux sont posés, mais le chantier n’est pas terminé. Il reste une étape particulièrement importante : le jointoiement.
Quand faire les joints ?
Attendez que le mortier-colle ait suffisamment durci avant de commencer.
Le délai dépend du produit utilisé et des conditions de pose. Respectez le temps indiqué par le fabricant plutôt que de vous fier à une durée universelle.
Avant le jointoiement, vérifiez que les espaces entre les carreaux sont propres et suffisamment dégagés.
Appliquer le mortier à joint
Préparez le produit selon les indications du fabricant puis répartissez-le à l’aide d’une raclette adaptée.
Travaillez en diagonale par rapport aux joints pour bien remplir les espaces.
Insistez suffisamment pour éviter de laisser des creux, puis retirez l’excédent de produit présent sur les carreaux.
Nettoyer les carreaux après le jointoiement
Lorsque le joint commence à prendre selon les indications du produit, nettoyez la surface avec une éponge propre et légèrement humide.
Rincez-la très régulièrement.
Un voile peut rester visible sur le carrelage après séchage. Il pourra être éliminé lors du nettoyage final.
Les erreurs à éviter lorsqu’on pose du carrelage

Une pose réussie tient souvent davantage à la préparation qu’à la vitesse d’exécution. Nous vous recommandons d’éviter de :
- poser sur un support irrégulier ou poussiéreux : l’adhérence et la planéité risquent d’en pâtir ;
- oublier le calepinage : vous pouvez vous retrouver avec des découpes minuscules dans les zones les plus visibles ;
- préparer trop de colle : elle risque de commencer à prendre avant d’être utilisée ;
- encoller une surface trop importante : même problème, la colle peut perdre ses propriétés avant la pose du carreau ;
- ne pas vérifier régulièrement le niveau : un défaut minime peut s’accentuer au fil des rangées ;
- laisser sécher la colle entre les carreaux : vous compliquerez la réalisation des joints ;
- marcher trop rapidement sur le nouveau sol : vous risquez de déplacer les carreaux avant la prise complète ;
- acheter exactement la quantité nécessaire : la moindre casse ou erreur de découpe peut alors interrompre le chantier.
Et surtout, ne cherchez pas à aller trop vite. Pour un premier chantier, mieux vaut carreler une petite surface proprement que vouloir terminer toute la pièce en une après-midi.
FAQ : poser du carrelage soi-même
Combien de temps faut-il pour carreler une pièce ?
Cela dépend énormément de la superficie, de la forme de la pièce, du format des carreaux et de votre expérience.
Pour un débutant, la préparation, le calepinage et les découpes prennent souvent davantage de temps que prévu. Ajoutez également les temps de séchage : une pièce ne sera généralement pas entièrement terminée et utilisable le jour même.
Prévoyez donc plusieurs étapes plutôt qu’un chantier réalisé dans l’urgence.
Combien de temps attendre avant de marcher sur le carrelage ?
Le délai dépend du mortier-colle employé. Il est indispensable de consulter les indications du fabricant avant de circuler sur le nouveau carrelage.
Même si les carreaux semblent parfaitement fixés en surface, la colle située dessous peut ne pas avoir atteint une résistance suffisante.
Peut-on poser du carrelage sur un ancien carrelage ?
Oui, il est parfois possible de carreler directement sur un ancien carrelage, à condition que celui-ci soit parfaitement adhérent, stable et correctement préparé.
Il faut également prendre en compte la surépaisseur créée par le nouveau revêtement : ouverture des portes, seuils, raccord avec les pièces voisines ou hauteur des équipements peuvent devenir problématiques.
La préparation du support et le choix des produits d’accrochage sont ici particulièrement importants.
Dans quel sens poser son carrelage ?
Il n’existe pas une orientation idéale valable pour toutes les pièces.
Dans une pièce rectangulaire, le sens de pose peut servir à accentuer la longueur ou la largeur. Avec des carreaux rectangulaires imitation parquet, par exemple, leur orientation influence fortement la perception des volumes.
Tenez également compte de la lumière, des ouvertures et de l’axe depuis lequel on découvre la pièce.
Avant de décider, faites quelques essais à blanc. Le meilleur sens de pose est celui qui offre une répartition harmonieuse des carreaux et limite les découpes disgracieuses dans les zones les plus visibles.
Poser du carrelage soi-même : surtout une question de préparation
Poser son carrelage n’est pas réservé aux bricoleurs expérimentés. Pour un chantier relativement simple, un débutant soigneux peut obtenir un très beau résultat.
La clé est de ne brûler aucune étape.
Préparez correctement votre support, calculez vos besoins, réalisez votre calepinage et contrôlez votre travail au fur et à mesure. La pose des carreaux devient alors beaucoup plus simple.