Poser du carrelage ne consiste pas simplement à commencer dans un coin de la pièce et à aligner les carreaux jusqu’au mur opposé. Enfin, vous pouvez essayer, mais vous risquez de terminer avec une rangée de carreaux de quelques centimètres de large, des découpes peu esthétiques et des joints qui accentuent le moindre défaut de la pièce. Pour éviter ces mauvaises surprises, une étape est indispensable avant même d’ouvrir le sac de colle : le calepinage carrelage.
Cette préparation permet de déterminer précisément comment les carreaux seront disposés, où commencer la pose et où placer les découpes. Quelques calculs et essais avant de se lancer peuvent ainsi faire toute la différence sur le résultat final.
Qu’est-ce que le calepinage d’un carrelage ?

Le calepinage d’un carrelage est un plan de pose réalisé avant de coller les carreaux. Il permet de prévoir leur disposition en fonction des dimensions de la pièce, du format du carrelage et du motif choisi.
Concrètement, vous allez déterminer :
- le sens de pose des carreaux ;
- l’emplacement des premières rangées ;
- la largeur des joints ;
- la position des découpes ;
- la façon de contourner les éventuels obstacles.
Le calepinage peut être réalisé sur papier, à l’aide d’un logiciel ou directement au sol grâce à une pose à blanc. Pour une pièce classique, un croquis coté et quelques carreaux posés sans colle suffisent généralement.
Nous vous proposons un outil pratique pour calculer le nombre de carrelage et réaliser le calepinage.
Attention à ne pas raisonner uniquement avec les dimensions des carreaux. La largeur des joints doit également être intégrée dans vos calculs. Sur plusieurs mètres, quelques millimètres répétés entre chaque carreau peuvent modifier sensiblement la position de la dernière rangée.
Pourquoi faire un calepinage avant de poser du carrelage ?

Le principal objectif du calepinage est esthétique. Il permet d’obtenir une pose équilibrée et d’éviter qu’une rangée de carreaux entiers se termine par une bande très étroite le long d’un mur.
Mais ce n’est pas son seul intérêt.
Préparer son plan de pose permet également d’anticiper les difficultés. Une porte, un angle, un poteau, une cheminée ou encore un mur légèrement de travers peuvent compliquer la pose. Les repérer avant de préparer la colle est beaucoup plus confortable que de devoir improviser une découpe une fois le chantier commencé.
Le calepinage aide aussi à estimer le nombre de carreaux nécessaires. À la surface de la pièce, il faut généralement ajouter une marge destinée aux découpes, à la casse et aux éventuelles erreurs. Cette marge sera d’autant plus importante que le plan de pose est complexe.
Enfin, cette préparation permet de choisir le meilleur point de départ. Et contrairement à une idée assez répandue, commencer systématiquement dans un angle de la pièce n’est pas forcément la bonne solution.
Les différents types de pose
Le calepinage dépend directement du motif choisi. Plus celui-ci est complexe, plus la préparation doit être précise.
La pose droite

C’est la méthode la plus simple et probablement la plus répandue. Les carreaux sont posés les uns à côté des autres et les joints forment des lignes droites parallèles aux murs.
La pose droite du carrelage convient particulièrement bien aux formats carrés et rectangulaires. Elle est relativement facile à réaliser et limite les découpes.
La pose décalée

Avec une pose décalée, également appelée pose à joints décalés, chaque rangée est déplacée par rapport à la précédente. Le résultat rappelle celui d’un mur en briques.
Lors d’une pose décalée, le décalage entre les carrelages peut correspondre à la moitié, au tiers ou à une autre fraction de la longueur du carreau.
Cette disposition est très courante avec les carreaux rectangulaires et le carrelage imitation parquet. Avant de choisir un décalage à 50 %, vérifiez toutefois les recommandations du fabricant. Certains carreaux longs présentent une légère courbure et nécessitent un décalage plus faible pour éviter des différences de niveau trop visibles entre les carreaux.
La pose en diagonale

Le principe reste proche de la pose droite, mais les carreaux sont orientés à 45° par rapport aux murs.
La pose en diagonale apporte du mouvement et peut modifier la perception des volumes d’une pièce. En contrepartie, elle nécessite davantage de découpes sur le pourtour et demande un calepinage particulièrement soigné.
Il faut également prévoir une marge de carrelage supérieure à celle d’une pose droite.
La pose en chevrons

Très décorative, la pose en chevrons consiste à disposer des carreaux rectangulaires perpendiculairement les uns aux autres afin de former des V successifs.
La pose en chevrons est particulièrement appréciée avec les carreaux imitation bois.
Son rendu est élégant, mais sa mise en œuvre est plus exigeante. Le moindre décalage au départ peut progressivement désaligner l’ensemble du motif. Il est donc essentiel de tracer des repères précis et de contrôler régulièrement l’alignement pendant la pose.
Comment faire un calepinage carrelage ?

Vous avez choisi votre carrelage et votre motif ? Il est temps de passer au calepinage proprement dit.
Mesurer la pièce
Commencez par relever précisément la longueur et la largeur de la pièce.
Ne vous contentez pas forcément d’une seule mesure. Dans une habitation ancienne, notamment, deux murs supposés parallèles peuvent présenter quelques centimètres d’écart.
Mesurez la pièce à plusieurs endroits. Notez les dimensions et la position des éléments particuliers : portes, renfoncements, poteaux, cheminée, receveur de douche, escalier, etc.
Vous pourrez ensuite reproduire ces informations sur un croquis.
Repérer son centre
Pour une pièce rectangulaire, tracez les médianes reliant les milieux des murs opposés. Leur intersection vous donne le centre théorique de la pièce.
Ce point constitue un excellent repère, mais il ne signifie pas nécessairement que le premier carreau devra être collé exactement à cet endroit.
L’objectif consiste à déterminer comment les carreaux se répartiront de part et d’autre de ces axes.
Faire une pose à blanc
La pose à blanc du carrelage consiste à disposer plusieurs carreaux au sol sans colle en respectant l’espacement prévu pour les joints.
C’est probablement l’une des étapes les plus utiles du calepinage.
Placez une rangée de carreaux selon l’un des axes principaux et observez où tombe le dernier carreau. Faites la même chose dans l’autre direction.
Vous découvrez une découpe de 3 cm le long d’un mur ? Mieux vaut le savoir maintenant.
Il suffit souvent de déplacer légèrement l’axe de départ pour répartir la différence entre les deux côtés et obtenir, par exemple, deux découpes de 16 ou 17 cm plutôt qu’une bande minuscule d’un seul côté.
Tracer les axes de pose
Une fois la disposition validée, reportez vos axes directement sur le support à l’aide d’un cordeau traceur ou d’une règle.
Vérifiez soigneusement leur perpendicularité, notamment pour une pose droite. Vous pouvez utiliser une grande équerre ou contrôler les diagonales.
Ces lignes serviront de guides pendant les premières rangées. Prenez le temps de les tracer correctement : la précision du départ conditionne une grande partie de la régularité de la pose.
Où commencer la pose du carrelage ?

Il n’existe pas de règle unique valable pour toutes les pièces.
Dans une pièce régulière, partir des axes centraux permet souvent d’obtenir une répartition harmonieuse des carreaux et des découpes. Mais cette solution n’est pas systématiquement la plus esthétique.
Imaginez une salle de bains dont un seul mur est réellement visible lorsque vous entrez. Il peut être préférable de privilégier des carreaux entiers ou de belles découpes de ce côté, même si la répartition n’est pas parfaitement symétrique ailleurs.
Dans un couloir ou une pièce très allongée, l’axe visuel principal peut également être plus important que le centre géométrique.
Il faut raisonner en fonction de ce que l’on verra une fois la pièce terminée.
Comment répartir les découpes ?

Un bon calepinage ne cherche pas forcément à supprimer toutes les découpes. C’est souvent impossible. Il cherche plutôt à les rendre discrètes, équilibrées et suffisamment larges pour être faciles à réaliser.
Éviter les carreaux trop étroits
Les petites bandes de carrelage en périphérie sont rarement esthétiques et peuvent être délicates à couper et à poser.
Avant de commencer, calculez donc la largeur de la dernière rangée en tenant compte des joints.
Si celle-ci est vraiment trop faible, décalez votre plan de pose afin de répartir la découpe entre les deux extrémités de la pièce.
Gérer les murs qui ne sont pas droits
Tous les murs ne sont pas parfaitement droits, loin de là.
C’est justement pour cette raison que vos rangées doivent suivre vos axes de référence plutôt que les éventuelles irrégularités des murs.
Si l’écart est léger, une partie de la différence pourra être visuellement atténuée par le joint périphérique et, selon la configuration, par une plinthe.
Mesurez chaque découpe plutôt que de supposer qu’elles seront toutes identiques.
Anticiper les obstacles
Le calepinage doit également tenir compte des obstacles présents dans la pièce.
L’idéal est d’éviter qu’un tuyau, un angle de cloison ou un autre élément tombe exactement sur une zone particulièrement délicate du carreau. Un léger déplacement du plan de pose peut transformer une découpe complexe en deux découpes simples.
Pour les passages de tuyaux, les angles ou les formes particulières, prenez les mesures avec précision et utilisez si nécessaire un gabarit en carton avant de reporter la forme sur le carreau.
Exemple de calepinage d’une pièce

Prenons un exemple volontairement simple.
Vous souhaitez carreler une pièce rectangulaire de 4 m sur 3 m avec des carreaux de 60 x 60 cm et des joints de 3 mm.
La surface à carreler est de 4 × 3 = 12 m²
Mais le calcul de la surface ne suffit pas pour déterminer le calepinage.
Sur la largeur de 3 m, quatre carreaux occupent déjà :
4 × 60 cm = 240 cm
Il faut également tenir compte des joints entre les carreaux. Il reste donc un peu moins de 60 cm à répartir avant d’atteindre les murs.
Plutôt que d’aligner un carreau entier contre un côté et de reporter toute la découpe sur l’autre, vous pouvez centrer votre composition afin d’obtenir des carreaux de rive de dimensions proches.
Vous effectuez ensuite le même raisonnement sur les 4 m de longueur.
Une pose à blanc permet de confirmer vos calculs dans les conditions réelles. Vous pouvez alors déplacer légèrement vos axes si une découpe tombe mal au niveau d’une porte ou d’un élément particulièrement visible.
Pour déterminer la quantité de carrelage à acheter, ajoutez également une marge à vos 12 m². Son importance dépend du format des carreaux, du motif de pose et du nombre de découpes nécessaires. Une pose droite dans une pièce régulière générera généralement moins de pertes qu’une pose en diagonale ou en chevrons.
Les erreurs de calepinage à éviter

Le calepinage peut sembler être une étape supplémentaire alors que l’on a surtout envie de commencer à poser les carreaux. Pourtant, les quelques minutes ou dizaines de minutes consacrées à cette préparation peuvent vous éviter beaucoup de difficultés ensuite.
Les principales erreurs à éviter
– commencer la pose directement contre un mur sans vérifier son alignement ;
– oublier d’intégrer la largeur des joints dans les calculs ;
– se fier uniquement aux dimensions théoriques de la pièce ;
– ne pas réaliser de pose à blanc ;
– terminer avec des bandes de carrelage très étroites ;
– oublier les portes, tuyaux, angles et autres obstacles lors du calepinage ;
– choisir son point de départ sans tenir compte des zones les plus visibles ;
– négliger la vérification des axes avant de commencer à coller ;
– préparer une trop grande surface de colle avant d’avoir parfaitement maîtrisé ses premières rangées.
Enfin, gardez une chose en tête : un bon calepinage n’est pas nécessairement parfaitement symétrique. Il doit avant tout donner l’impression que chaque carreau est à sa place.
Avant de sortir la colle et le peigne, prenez donc le temps de poser quelques carreaux au sol, reculez de quelques pas et regardez le résultat. Déplacer votre ligne de départ de 10 cm prend quelques minutes à ce stade. Une fois les carreaux collés, c’est une autre histoire.